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L’intelligence économique |
Levier de compétitivité et d’innovation pour l’entreprise
Par François JAKOBIAK*
Dans la compétition économique actuelle,
l’important n’est pas de participer, c’est de gagner ! Ceci est vrai pour toute entreprise, quelle que soit sa taille. L’intelligence
économique lui apporte les moyens offensifs d’accroître sa compétitivité et de viser l’innovation permanente tout en veillant
à la sécurité de son patrimoine.
Le groupe Martre
« Intelligence économique et stratégie des entreprises » du XIème plan notait dès 1994 :
" Dans le monde d'aujourd'hui la compétitivité des entreprises repose largement sur leur capacité
à accéder aux informations qui leur sont nécessaires et à traiter celles-ci de façon efficace en interne. Il leur faut en
effet anticiper sur les marchés à venir, appréhender les stratégies de leurs concurrents, diffuser correctement les informations
en interne et être ainsi à même de préserver leurs avantages compétitifs. C'est l'ensemble de cette activité des entreprises
que l'on peut désigner par le terme intelligence économique."(1)
En février 2005 a été publié le Référentiel de Formation en Intelligence Economique (2) élaboré par la Commission Consultative
pour la Formation à l’Intelligence créée par Alain Juillet, Haut Responsable pour l’Intelligence Economique (SGDN, Secrétariat
Général de la Défense Nationale). Dans ce référentiel nous donnons la définition suivante :
L’intelligence économique consiste en la maîtrise et la diffusion de l’information stratégique pour tout acteur économique. Elle a pour triple finalité :
la compétitivité du tissu industriel
la sécurité de l’économie des entreprises
le renforcement de l’influence de notre
pays
La définition étendue de 1994 et celle de 2005 mentionnent toutes les deux
la compétitivité qui apparaît incontestablement comme un enjeu de l’intelligence économique en entreprise. (Ce lien étroit
avec la compétitivité n’est pas surprenant quand on sait qu’intelligence économique est l’équivalent français de l’expression
américaine « competitive intelligence »)
Beaucoup de chefs d’entreprise considèrent, à juste titre, que l’intelligence économique n’est pas une fin en soi ;
qu’elle constitue un ensemble de moyens à utiliser au mieux par l’entreprise dans le but :
d’améliorer constamment
sa compétitivité, sa capacité à vendre durablement et avec profit ce qu’elle produit, tout en décelant en permanence
les besoins exprimés ou latents des consommateurs et en répondant à ses besoins ;
de mettre en place une politique d’innovation permanente : innovation au niveau des
produits, mais aussi innovation de procédé et innovation organisationnelle ;
Ce sont là les deux objectifs fondamentaux
de toute entreprise. (3)
Mais il convient d’avoir une vision plus large de l’intelligence économique
pour en saisir toute l’importance et retenir que cinq pôles distincts la constituent (2) :
1. Environnement international et compétitivité : L’IE est une réponse culturelle et opérationnelle
aux problématiques de la globalisation et de la société de l ’information.
2. Intelligence économique et organisations : il faut faire comprendre que l’IE est un facteur clé
de succès pour tous les types d’organismes et préciser les modes d’implantation à adopter.
3. Management
de l ’information et des connaissances : le processus de veille est au cœur du dispositif d’IE. Il comporte les opérations
de recueil, exploitation, diffusion de l’information publiée comme de l’information informelle.
4. Protection
et défense du patrimoine informationnel et des connaissances : il est nécessaire d’identifier les éléments à protéger ainsi
que les menaces tant externes qu'internes et bien voir que le patrimoine est, de plus en plus, immatériel.
5. Influence et contre-influence : les entreprises doivent être capables de décrypter et gérer les manœuvres
et procédés informationnels susceptibles d'affecter leur image, leur comportement et leur stratégie. De plus elles doivent
développer leur capacité à mettre en œuvre des démarches de lobbying.
Pour atteindre ses deux objectifs, être plus compétitive et être plus innovante, l’entreprise doit mettre
en place les dispositifs du pôle 3 et d’abord une surveillance rigoureuse des technologies, des concurrents
et des tendances du marché. C’est un minimum vital, une base sur laquelle peut être bâti ensuite un système solide
d’intelligence économique.
Car il est clair que la simple surveillance ne suffit pas ; il faut y associer un système efficace d’exploitation, qui
permet de ne pas se contenter de prendre connaissance des informations brutes. Des experts du domaine doivent être incités,
motivés, mobilisés dans le dispositif d’intelligence économique à installer. Ils auront pour tâche d’analyser, de valider,
d’évaluer et de synthétiser l’information, éditée ou informelle, pour alimenter les dirigeants en outils d’aide à la décision
ouvrant également la réflexion anticipatrice.
Beaucoup d’entreprises ont compris qu’il y avait lieu
de greffer sur l’intelligence économique :
d’une part le benchmarking (ou
étalonnage concurrentiel) qui permet de s’inspirer des meilleurs (3),
d’autre part la créativité, qui va engendrer l’innovation et les nouvelles technologies, pour
espérer devenir, à notre tour, les meilleurs. (3) (4)
Cette tendance devrait se généraliser mais il faut
bien comprendre que chaque entreprise doit bâtir un système particulier, sur mesure, en tenant compte de ses besoins spécifiques
et en étant capable d’intégrer leur évolution pour avoir, en permanence, un système d’intelligence économique performant.
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Références citées :
(1) Anonyme : Intelligence économique
et stratégie des entreprises, rapport XI ème Plan, (rapport MARTRE) La Documentation Française, février 1994.
(2) Anonyme,
Référentiel pour la formation à l’intelligence économique, SGDN, (Commission Juillet), février 2005.
(3) FRANÇOIS JAKOBIAK,
L’intelligence économique, la comprendre, l’implanter, l’utiliser, Editions d’Organisation, juillet 2004.
(4) FRANÇOIS
JAKOBIAK, De l’idée au produit, Veille -R&D –Marché, Editions d’Organisation, septembre 2005.






